Les membres de l’AIEM sont sensibilisés à la prévention des risques associés à leurs activités. Au fil du temps, une suite  d’actions a permis aux établissements d’élever progressivement le niveau de sécurité de leurs installations. Ces derniers prennent aussi une part active aux travaux du Comité mixte municipalités - industries - citoyens de l'Est de Montréal. Ils adoptent une attitude  d'entraide en matière de mesures d'urgence et sont disposés à fournir, au besoin, un soutien aux autres équipes d'intervention et de sécurité incendie. Ces efforts collectifs répondent directement aux attentes des communautés locales.

Par ailleurs, les membres de l’AIEM ont mis en place des mesures de sécurité opérationnelle dans leurs installations et des plans d’intervention d’urgence. Ces mesures sont nombreuses et s’intègrent en quelque sorte dans plusieurs « couches de sécurité »
 

Les COUCHES DE SÉCURITÉ sont représentées en cercles superposés

Le schéma ci-dessous est une façon d’illustrer la sécurité opérationnelle, dès la conception d’un procédé ou d’un équipement. En commençant par la première couche (le cercle au centre de l’illustration), chacune des couches de sécurité correspond ainsi à une série d’activités et de mesures graduelles qui parent aux dangers. L’objectif visé est de prévenir les accidents ou de réduire les conséquences en cas d’incident.

À titre d’exemple de mesures graduelles, prenons l’étape de conception d’un procédé. Au tout début, l’entreprise doit faire appel à du personnel technique qualifié et expérimenté. Certains principes d’ingénierie doivent également être respectés. Le but ? Que le design de procédé soit sécuritaire (intrinsèquement sécuritaire). Plusieurs démarches sont effectuées en ce sens : la modélisation, la détermination des dangers, l’analyse des risques, la revue environnementale, et autres.
 

« En matière de sécurité opérationnelle, la détermination claire des rôles et des responsabilités, la formation continue, la participation active du personnel et des divers intervenants sont de première importance. »


Couches de sécurité

Le défi pour toute organisation est de s’assurer que l’ensemble des couches de protection demeure intact.
 

Le CMMI-Est : ORGANISME MUNICIPAL - INDUSTRIEL – CITOYEN

Regroupées au sein de l’AIEM, les entreprises de l'Est de Montréal ont convenu dès 1995 avec la ville de Montréal-Est et les municipalités voisines d’un processus volontaire de prévention proactive et d’élimination progressive ou d’atténuation des risques technologiques. Le premier comité mixte municipalités-industries au Canada (CMMI) était né.

Dès la fondation du CMMI de l'Est de Montréal, des citoyennes et citoyens furent invités à s’associer aux travaux et à y faire part des inquiétudes de leurs communautés respectives et de leurs recommandations. Les représentants d’agences et de services gouvernementaux concernés notamment par la sécurité civile, la santé publique et les urgences environnementales se sont également joints à l’organisation.

La mission du CMMI de l'Est de Montréal est d’élaborer et de mettre en place un processus intégré de gestion des risques d’accidents industriels majeurs. Le CMMI vise ainsi la mise en commun des ressources, de l’expertise professionnelle, des équipements, des connaissances et de l’expérience de chacun de ses membres.

À la suite d’une réflexion sur la pérennité du CMMI, ses membres ont choisi d'incorporer le comité en OBNL (organisme à but non lucratif) en 2008, pour ensuite revenir au modèle précédent de comité de travail multipartite en 2016, toujours en gardant la même mission. L’AIEM est ses membres industriels sont actifs au sein de ce comité. Le territoire du CMMI-Est se situe dans la partie est de l’agglomération de Montréal, particulièrement dans la ville de Montréal-Est, les arrondissements montréalais de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, d'Anjou, et de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles.

ÊTRE PRÊT, c'est important... PRÉVENIR, c'est encore mieux

Le processus de sensibilisation des intervenants a incité les entreprises à mettre en place, de façon volontaire, des mesures préventives pour réduire les risques d’incidents ou, si un incident devait toutefois se produire, pour en limiter les conséquences. .

PARMI CES MESURES, citons :
  • La modification des procédures de transport, de réception et de déchargement des produits
  • La limitation et le contrôle des stocks de certaines substances;
  • La mise en place de procédures de sécurité opérationnelle, de systèmes de surveillance et de protection très élaborés, pour éviter les émissions à l'atmosphère;
  • La formation et la mise en service  d'équipes d'intervention spécialisées, munies d'équipements de pointe, pour réduire les conséquences d'une fuite
  • L'élimination du transport d'une substance toxique gazeuse dans une conduite située sous la voie publique;
  • L'élimination de l'utilisation de produits, sous leur forme habituelle, pour les remplacer par d'autres produits moins dangereux;
  • Le recours à des équipements sécuritaires pour le déchargement automatisé de substances, munis d'un système de surveillance et d'arrêt automatisé des déchargements en cas de problème;
  • La modification et la relocalisation des salles de contrôle des procédés, de façon à ce qu'elles soient moins vulnérables lors d'accidents;
  • La modification ou le développement de nouveaux procédés permettant l'élimination et le remplacement de substances dangereuses par des substances moins à risque;
Source : Document d'information sur le CMMI (2001)
 

SENSIBILISER LES AUTORITÉS ET LE PUBLIC

Dans l'Est de Montréal, beaucoup de travail d’avant-garde a été accompli en matière de gestion des risques d’accident industriel majeur afin de bien cerner les zones de planification des mesures d’urgence. L’AIEM est fière d’avoir partagé ce leadership avec le milieu municipal, auquel leadership la participation citoyenne a été associée depuis 1995. Cette avancée bénéficie aujourd’hui à d’autres localités.

Dans ce cadre, l’AIEM a eu l’occasion de faire connaître sa préoccupation, que partageaient d’ailleurs les citoyens et plusieurs intervenants, quant à l’absence de critères d’aménagement du territoire au Québec, tenant compte du risque industriel et de la sécurité civile. L’AIEM croit que l’intégration du risque industriel aux règles d’aménagement du territoire permettrait de faire un pas de plus en matière de prévention et favoriserait une cohabitation encore plus harmonieuse entre l’industrie et ses riverains. Dans son champ d’expertise, l’Association apporte une contribution technique aux travaux d’analyse réalisés au sein du Conseil pour la réduction des accidents industriels majeurs (CRAIM). L’organisme examine à fond les méthodes d’évaluation des risques industriels intégrées dans l’aménagement du territoire des pays de l’Union européenne et en Amérique du Nord.

Dans l’ensemble, l’AIEM a partagé son point de vue en matière de gestion sécuritaire des risques par l’intermédiaire notamment des tribunes suivantes : 
  • le comité mixte municipal et industriel sur la gestion des risques d’accidents industriels majeurs de l'Est (CMMI-Est);
  • le  comité de liaison de l’industrie et de la communauté élargi (CLIC-Élargi);
  • le  comité de réflexion quant au projet de table de concertation régionale sur l’environnement et l’aménagement du territoire;
  • la consultation publique sur un projet résidentiel, localisé à proximité d’une zone industrielle;
  • une présentation tenue pour les citoyens sur la cohabitation résidentielle et industrielle;
  • à l’occasion de plusieurs ateliers sur la sécurité civile au Québec;
  • lors de soirées d’information publiques.