​ANNÉES 1960 et 1970... L’environnement d’abord

En 1960 dans l’est de l’Île, 16 dirigeants d’entreprises décident de fonder un organisme à vocation scientifique et technique. Il s’agit d’une première en environnement au Québec, dont la particularité est de regrouper les efforts des secteurs du raffinage de pétrole, de la pétrochimie, de la métallurgie, d’une cimenterie et même d’un abattoir ! Les terres agricoles des environs s’urbanisaient et la population avait presque triplé depuis 1951. L’initiative de l’industrie a été saluée.

Le secteur de l’Est, qui accueillait à l’époque la majeure partie de l’industrie lourde de l’Île, était aux prises avec des enjeux liés à la qualité de l’air et à la qualité des eaux de la région. La mission principale de l’Association fut alors de mener des études sur la pollution de l’air et de l’eau afin d’en connaître les effets sur la communauté. Précurseur dans le domaine, l’Association a installé un réseau d’échantillonnage de l’air sur le territoire et s’est équipée d’un laboratoire, qui fut par la suite accrédité par le Ministère, pour effectuer des analyses environnementales. La protection de l’environnement allait d’ailleurs prendre de l’importance dans les années 70 avec la création des ministères de l’Environnement (Canada, Québec), tandis que la Communauté urbaine de Montréal adoptait un règlement sur la qualité de l’air.

 

ANNÉES 1980 et 1990...La sécurité des sites industriels et des collectivités

Milieu des années 80 : à l’initiative du comité Mesures d’urgence pour l'Est de Montréal (MUPEM), l’Association amorce un virage. L’accident de Bhopal en Inde et une série d’accidents industriels majeurs à travers le monde forcent des membres à s’interroger sur l’impact que pourrait avoir un accident grave, au-delà des limites de leurs propriétés. Dès lors, l’Association s’engage dans une démarche qui la guidera vers des liens plus soutenus avec ses voisins. Ce rapprochement se concrétise en 1995 par la mise en place volontaire, avec la Ville de Montréal-Est, du premier CMMI au Québec sur la gestion des risques industriels — aujourd’hui un organisme sans but lucratif, le CMMIC-EM, qui regroupe municipalités, industries et citoyens. On s’attelle au développement d’une culture de sécurité civile. Il s’agit non seulement de réduire les risques d’accident, mais aussi d’engager l’ensemble des acteurs concernés à prendre des mesures pour minimiser les conséquences d’un événement majeur. Parce qu’il peut intervenir pour renforcer sa propre sécurité, le citoyen est au cœur du processus. Des campagnes d’information sur les risques, sur les moyens de prévention et sur l’adoption de comportements sécuritaires en cas d’accident, sont à l’ordre du jour. Le leadership et la concertation dans l'Est de Montréal sont reconnus en 2000 par la remise d’un Mérite québécois de la sécurité civile.

 

ANNÉES 2000 à 2010...La responsabilité sociale, l’enjeu économique et les défis de la durabilité

Parallèlement à sa participation aux initiatives du milieu et à de nombreux forums locaux, l’Association industrielle de l'Est de Montréal tient compte dans ses réflexions des points de vue de citoyens du secteur. Grâce à la mise sur pied en 2001 du Comité de liaison de l’industrie et de la communauté (CLIC), précédé d’un groupe de travail en 1997, des résidents et des intervenants locaux ont la possibilité de s’informer et d’échanger régulièrement avec les membres de l’AIEM. Évolution des établissements, qualité de l’air, changements climatiques, santé environnementale, 
développement durable, aménagement du territoire, pensée « cycle de vie » : les sujets abondent. Cette pratique sociale contribue à la qualité de la cohabitation entre l’industrie et son milieu. Elle encourage les meilleures pratiques.

L’approche de coopération instaurée il y a 50 ans a porté ses fruits : performance environnementale améliorée, relations de respect avec le voisinage, sites industriels plus sécuritaires, participation à la vie communautaire. L’Association traverse ainsi le temps en s’adaptant à l’évolution de la société. Depuis 2005, elle poursuit son travail dans l’esprit du développement durable, en intégrant l’enjeu économique dans ses priorités. Elle unit ses efforts aux actions de ceux qui souhaitent créer de la valeur ajoutée localement et encourager l'innovation.

 

2010 à aujourd’hui - Concertation pour le développement industriel durable

Acteur économique, citoyen corporatif et partenaire de sa communauté, l’AIEM fait aujourd’hui le choix d'allier le développement économique au développement durable. En encourageant l’application des principes de l’écologie industrielle, qui vise à optimiser l'utilisation d'énergie, de ressources et de capital, l’AIEM travaille à apporter des solutions pour réconcilier l’industrie avec les enjeux environnementaux. 

Un des objectifs principaux est de permettre d’identifier des profils d’entreprises dont la présence sur le territoire de l'Est de Montréal permettrait de consolider et de pérenniser les organisations actuellement en place selon les principes du développement durable.